Archive pour 'Billets'

Commérages de clandestins

 

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Par Lyazid Khaber

La saison des canicules arrive, avec son lot de maladies, de mouches et de poussière… Cette année ne fera pas exception bien sûr. Sauf que, un autre élément, tout naturel soit-il, se greffe à ces éléments que, ni la logique d’Aristote et encore moins la raison de Montesquieu ne puissent expliquer : les commérages. Pourtant, l’on n’est plus à l’age où les bains maures sont ouverts aux commères, encore moins les boulangères et/ou les femmes de ménages censées être plus informées de ce qui se passe dans la cité. En l’absence de canaux de communication fiables, et en présence d’un déficit énorme de moralité, les petits informateurs improvisés, les ex-clandestins inter-wilayas, les revendeurs de portables, les pique-assiettes de tous bords (pour reprendre la formule d’un confrère qui lui parle de journalistes), se découvre les vertus du verbe facile : le mensonge. En effet, ces dernières semaines, l’on entend plus que l’on lit dans la presse superposée. Des histoires à dormir debout… Les faiseuses d’opinion d’ici bas, sortent de leurs gonds pour s’acharner contre la vérité, le beau et le fastidieux. C’est tout le faux semé durant toute une année qui doit bien tomber à l’eau. Alors, il faut bien se préparer une autre virginité. Dans ce verbiage futile des commères instruites grâce à l’apport d’une marâtre française de souche, l’on trouve les secrets de la reine !!! Le dernier en date à Bouira, est celui du départ supposé précipité de l’actuel wali, Ali Bouguerra, pour ne pas le citer, pour une histoire de clanisme qui aurait miné les rouages de la fantaisie locale. Que dal ! Ce Monsieur ne va partir que de la façon par laquelle il a été installé, il y a de cela une année, affirme des sources bien au fait de la question. Un « truc » qui n’est pas à l’ordre du jour au demeurant. Le reste, une histoire de vidéo faisant fureur à Bouira, où le wali reprochait à ses subalternes de n’avoir pas fait convenablement leur boulot, et qui se transmet chaque jour que Dieu fait par infrarouges interposés, ce n’est que de la parlotte. Une chose est sûre, assurent nos sources, « les choses se présentent tout à fait autrement ». Ce qui se fait présentement au niveau de cette wilaya, semble bien de trop pour nos pauvres commères du coin… sinon pour ce qui est du travail qui se fait, l’assiduité et la volonté de secouer le cocotier chez certains de nos responsables, il ne faut surtout pas s’attendre à ce que ça va plaire. La logique chez nous est d’être un bon laxiste pour préserver son poste. Pour l’échec des volontaires voulant changer les choses, on justifiera par ceci : « trop beau pour plaire, ou le mauvais œil !!! »

Polémique : Le nouveau code de procédure civile est-il positif pour le justiciable ?

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Depuis le 25 avril, le nouveau code de procédure civile impose la traduction en arabe de tous les documents de justice, alors que la quasi-totalité de ces derniers sont rédigés en français. Cette nouvelle mesure sera-t-elle positive pour la bonne marche de la procédure devant les tribunaux ou, au contraire, créera-t-elle de nouveaux antécédents négatifs ?

- Oui : Le nouveau code de procédure civile et administrative a pour objectif « la modernisation du système législatif national et son adaptation à la nouvelle réalité socioéconomique », a expliqué le directeur des affaires civiles et du sceau du ministère de la Justice, Ahmed Ali Salah, lors d’une session de formation au profit de magistrats, la semaine dernière. Le même avis est partagé par certains magistrats que nous avons interrogés, eux, qui considèrent le renforcement des prérogatives du juge face à l’administration comme point très positif de cette loi. Côté langue, nos interlocuteurs, notamment les plus zélés d’entre eux, parlent tout simplement d’une « volonté agissante d’extirper les derniers résidus de la pègre francophone qui continue à parasiter le système ». « Comment se fait-il que tous nos magistrats soient formés dans la langue nationale et que l’on persiste à leur fournir des tonnes de documents rédigés dans la langue de l’occupant d’hier. Cette loi vient mettre fin à la confusion. »

- Non : « L’entrée en vigueur de cette nouvelle loi risque bien de provoquer un important désordre », nous dit un avocat de Bouira, qui regrette le fait que « l’obligation de traduction en langue arabe de tous les documents administratifs à fournir devant les tribunaux va pénaliser et les avocats et leurs mandants qui sont soumis à une véritable saignée due aux frais de traduction. Pour s’en convaincre, il suffit de voir les tarifs appliqués par les traducteurs. Cela, sans oublier bien sûr de souligner la rareté de ces derniers, et le fait que les affaires en cours, et qui n’ont pas encore été tranchées, seront tout bonnement rejetées pour vice de forme à cause de l’existence dans le dossier d’une pièce administrative rédigée en français ». Ceux qui n’apprécient pas cette loi redoutent des conséquences graves sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire. Le surcoût engendré sera donc à la charge du justiciable. La traduction d’un simple certificat coûte au moins 1000 DA, le décompte sera long dès lors qu’il s’agit de litiges relevant du domaine « si-vile » !
Par Lyazid Khaber

in El Watan Vendredi du 1 mai 2009

Absurdité !

 

Parler de développement durable, c’est oser des questions qui fâchent. Encore plus délicat que ça, le fait de prévoir un progrès au niveau des zones recluses, les montagnes, semble bien plus qu’embêtant. Pourtant, les professions de foi ne sont pas ce qui manque.

Les sorties sur le terrain des responsables, à l’image de celles entreprises depuis quelques mois par le nouveau wali de Bouira, en sont un exemple. Celles-ci sont à chaque fois entrecoupées de coups de gueule. Mais, à quelle fin ? s’interrogent déjà le commun des citoyens ayant eu à assister à ce genre d’engueulades où des maires, des chefs de daïras, des directeurs de l’exécutif de la wilaya ont eu droit à ce qui s’apparente à des douches écossaises, frôlant même parfois la menace de recourir à des sanctions. Les mis en cause, visiblement habitués, et en tant que « bêtes et disciplinés », comme disait l’adage, répondent par des sourires joviaux trahissant le cynisme et la cruauté. On sait que « le chat » n’est pas toujours là, et l’on reprendra la danse dès les oriflammes enlevés. La population aux oripeaux, peut encore espérer tant que rien ne semble arriver. On se joint à une sorte de théâtre à l’Italienne, où la scène est séparée du public par une cloison imaginaire. Le temps d’un speech. Et on repart bredouilles pour faire face aux difficultés innombrables auxquelles on est habitué. En zones rurales, tous les clignotants sont au rouge : rien ne va ! Mais, comme disait Camus : « L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde. » C’est donc, l’absurdité qui règne en maître, et le citoyen lambda peut s’amuser en attendant des jours meilleurs.

Pour la petite histoire, lors de l’une des sorties du wali de Bouira, qui n’a pas manqué de haranguer l’un de ses directeurs d’exécutif, en lui enjoignant d’aller en besogne sous peine de sanction, celui-là qui se tient de marbre, ne trouva mieux à répondre à l’un de ses collègues lui jetant une pièce de 50 DA, en lui ordonnant de quitter la ville (façon de plaisanter !), celui-là répondra sans hésiter qu’il fallait donner la pièce au chef (le wali). « C’est lui le chérif ». Quant à ce fonctionnaire, il était déjà là quand l’autre est arrivé. C’est dire que les choses tournent tellement mal que la sourde oreille est appliquée en amont et en aval… le citoyen peut se bercer en rêvant de se voir touché par un bout d’autoroute ou encore bénéficier du financement de quelques plantations d’oliviers fictifs. Voilà à quoi se résume le vécu de nos concitoyens, la roublardise si l’on veut survivre. En fait, nous ne faisons qu’exprimer le désespoir de l’homme devant l’absurdité de l’existence, pour paraphraser Kafka.
Par Lyazid Khaber

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